Take Me (I’m Yours) : Une exposition où tout doit disparaître à la Monnaie de Paris

Vingt ans après son immense succès à la Serpentine Gallery à Londres, l’exposition conçue par Christian Boltanski et Hans Ulrich Obrist, Take Me (I’m Yours) est récréée à la Monnaie de Paris. Ainsi chaque visiteur est invité, et même encouragé, à toucher, utiliser ou emporter avec lui les projets et les idées des artistes invités.

Parmi eux, les artistes ayant participé à la première édition (Maria Eichhorn, Hans-Peter Feldmann, Jef Geys, Gilbert & George, Douglas Gordon, Christine Hill, Carsten Höller, Fabrice Hyber, Lawrence Weiner, Franz West), auxquels s’ajoutent de nouvelles collaborations telles que Etel Adnan & Simone Fattal, Paweł Althamer, James Lee Byars, Heman Chong, Jeremy Deller, Andrea Fraser, Gloria Friedmann, Jonathan Horowitz, Koo Jeong-A, Alison Knowles, Bertrand Lavier, Charlie Malgat, Angelika Markul, ou Yoko Ono….

A l’image des monnaies, les œuvres sont vouées à la dispersion. Lieu d’interaction entre les visiteurs et les artistes, cette exposition se caractérise par sa forme ouverte et évolutive avec, au moment du finissage, la disparition des œuvres due à leur dissémination totale. Au-delà des circuits économiques habituels, Take Me (I’m Yours) propose un modèle basé sur l’échange et le partage, et soulève ainsi la question de la valeur d’échange de l’art. Serez-vous prêts à dépenser 50 cts pour cette capsule d’air de Yoko Ono ? Ou 8 € à mettre dans ce distributeur de pochettes d’art surprises ?

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L’exposition se transforme jour après jour grâce à son public qui est invité à emporter avec lui des objets, comme ces cartes postales de Paris collées sur un mur de plus en plus clairsemé, ou  au contraire à en rajouter comme ces photomatons vintage qui viennent peu à peu tapisser des murs entiers…

On s’étonne, on s’interroge, on s’amuse, on s’indigne aussi parfois. Mais, on ne reste pas indifférent.